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Visiter Alexandrie : activités, itinéraires et informations pratiques

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A picturesque view of a Mediterranean coastline with boats and distant city skyline under a partly cloudy sky.
Portrait illustré de Awa Diagne

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Responsable éditoriale — fiches et dossiers · Publié le 20 août 2026 · mis à jour le 21 août 2026

Alexandrie porte trois noms célèbres — le phare, la grande bibliothèque, Cléopâtre — et aucun des trois ne se voit aujourd’hui. Le phare s’est effondré au Moyen Âge, la bibliothèque antique a disparu sans laisser de ruine identifiable, et le palais des Ptolémées repose en partie sous les eaux du port oriental.

Le reste de la cité gréco-romaine se trouve enfoui sous une métropole moderne de plusieurs millions d’habitants. C’est la première chose à savoir avant de réserver : la deuxième ville d’Égypte se visite pour ce qu’elle a gardé, pas pour ce que son nom promet. Cette page décrit ce qui subsiste réellement, site par site, puis la logistique — excursion depuis Le Caire ou séjour sur place, train, durée, saison.

Pourquoi tant de visiteurs repartent déçus

A picturesque view of a Mediterranean coastline with boats and distant city skyline under a partly cloudy sky.
Photo : Agung Pandit Wiguna / Pexels

La déception n’a rien de mystérieux. Elle vient d’un écart entre une réputation mondiale et un patrimoine visible restreint. Les monuments qui ont fait la gloire de la ville appartiennent à des couches détruites par les séismes, les incendies, les réemplois de pierres et l’urbanisation. Ce qui reste est réel, mais discret, dispersé dans le tissu urbain, et rarement spectaculaire au premier regard.

Le tableau ci-dessous résume l’écart. Il ne figure sur aucune brochure, et c’est pourtant l’information la plus utile avant de partir.

Ce que le nom évoque Ce qui existe encore
Le phare, l’une des sept merveilles Rien du phare. Un fort militaire du XVe siècle occupe son emplacement, à la pointe de la digue.
La bibliothèque antique Aucun vestige visitable. Une bibliothèque contemporaine, distincte, a été construite en bord de mer.
Le palais de Cléopâtre Des vestiges immergés dans le port oriental, connus par l’archéologie sous-marine, non accessibles au visiteur ordinaire.
Une ville antique à ciel ouvert Quelques sites ponctuels : catacombes, colonne monumentale, théâtre romain, citernes — entourés d’immeubles.
Une station balnéaire méditerranéenne Une métropole portuaire dense, avec une longue corniche urbaine et des plages très fréquentées en été.

Une fois cet écart admis, la visite devient intéressante. Alexandrie n’est pas un site archéologique : c’est une ville où l’Antiquité affleure par endroits, sous une couche ottomane, une couche cosmopolite du XIXe siècle et une couche contemporaine. C’est cette superposition qui vaut le déplacement, pas la chasse aux merveilles disparues.

Ce qui subsiste de chaque couche historique d’Alexandrie Antiquité gréco-romaine — presque rien de visible Moyen Âge — le fort de Qaitbay XIXe siècle — façades, musée Aujourd’hui
Plus la couche est ancienne, moins il en reste à voir. Schéma de la rédaction, août 2026.

Les sites qui se visitent réellement

La Bibliotheca Alexandrina

C’est le bâtiment le plus identifiable de la ville moderne : un disque incliné vers la mer, à la façade de pierre gravée de caractères venus de nombreuses écritures. L’établissement a été inauguré au début des années 2000, en hommage à la bibliothèque antique dont il ne prétend pas être la continuation matérielle. Aucun vestige de l’ancienne institution ne s’y trouve.

L’intérêt tient à la salle de lecture en gradins, ouverte sur plusieurs niveaux, et aux galeries d’exposition du complexe. Comptez une visite de musée classique, pas un pèlerinage antique. Les espaces ouverts varient ; renseignez-vous à l’entrée.

Les catacombes de Kom el-Shoqafa

C’est le site le plus surprenant de la ville, et souvent le plus apprécié. Il s’agit d’une nécropole creusée dans le roc sur plusieurs niveaux, redécouverte par hasard au début du XXe siècle. On y descend par un escalier en spirale enroulé autour d’un puits central, qui servait à faire glisser les corps.

L’intérêt est autant artistique qu’archéologique. Les sculptures y mêlent des motifs égyptiens et des formes gréco-romaines dans un même décor funéraire : des divinités égyptiennes traitées à la manière romaine, des barbes et des drapés antiques sur des scènes rituelles pharaoniques. Nulle part ailleurs le métissage culturel de la ville n’est aussi lisible. Les niveaux inférieurs peuvent être partiellement inondés selon la nappe phréatique et l’entretien : l’accès complet n’est pas garanti.

La colonne dite de Pompée

Le nom est un contresens durable, et cela mérite d’être dit. Ce fût de granit monumental, dressé sur la colline du Serapeum, n’a rien à voir avec le général romain Pompée. Il a été érigé en l’honneur de l’empereur Dioclétien, à l’époque tardive de la ville romaine ; l’appellation erronée s’est fixée au fil des siècles chez les voyageurs européens et n’a jamais été corrigée dans l’usage.

Le site occupe l’emplacement du sanctuaire de Sérapis, détruit dans l’Antiquité tardive. On y voit la colonne, des sphinx et des soubassements, sur un terrain dégagé. La visite est courte. Elle prend son sens si l’on sait ce qui se trouvait là.

Le fort de Qaitbay

La forteresse ferme la pointe occidentale du port oriental. Elle a été édifiée au XVe siècle, sous le sultanat mamelouk, sur l’emplacement même du phare écroulé, et une partie de ses blocs proviendrait des ruines de celui-ci. C’est le lien matériel le plus direct avec la merveille disparue, et il ne ressemble en rien à un phare.

La visite porte donc sur une architecture militaire médiévale : donjon, courtines, salles voûtées, chemin de ronde ouvert sur la Méditerranée. Les Alexandrins empruntent volontiers la digue qui y mène, surtout au crépuscule.

Le musée national d’Alexandrie

Installé dans une ancienne demeure du centre, ce musée présente des collections classées par période, de l’Égypte pharaonique aux époques gréco-romaine, copte et islamique. Le parcours est compact et chronologique. C’est une bonne première étape : il donne les repères que les sites dispersés ne fournissent pas d’eux-mêmes.

Le musée gréco-romain de la ville a connu une longue fermeture pour travaux avant sa réouverture. Vérifiez son état d’ouverture avant de vous déplacer : les pages en ligne sur ce point sont souvent périmées.

La corniche et le tissu urbain

La corniche suit la baie sur plusieurs kilomètres, du port oriental vers l’est. Ce n’est pas un front de mer aménagé pour le tourisme : c’est un axe de circulation dense, bordé d’immeubles, où l’on vient marcher, pêcher et s’asseoir quand la chaleur retombe.

Le centre ancien conserve des façades et des cafés hérités de la période cosmopolite du XIXe siècle et du début du XXe, quand la ville abritait de nombreuses communautés étrangères. Beaucoup de ces immeubles sont dégradés. Certains trouvent l’ensemble mélancolique, d’autres le trouvent vivant. Les deux impressions sont justes.

Organiser la visite

Excursion à la journée ou séjour sur place

Deux formats coexistent, et le choix change complètement l’expérience.

L’excursion depuis Le Caire tient dans une journée longue. Elle permet de voir trois ou quatre sites majeurs, sans temps mort et sans flânerie. C’est le format le plus vendu et le plus contraint : le retour impose de partir tôt et de renoncer à la fin de journée sur la corniche, qui est pourtant le meilleur moment de la ville.

Le séjour sur place, avec une ou deux nuits, change la nature de la visite. Il libère les fins d’après-midi, permet de dissocier les sites archéologiques des musées et de traverser les quartiers à pied. Si Alexandrie vous intéresse pour son atmosphère plus que pour sa liste de monuments, dormez sur place.

Le train depuis Le Caire

La liaison ferroviaire entre Le Caire et Alexandrie est l’une des plus anciennes et des plus fréquentées du pays. Plusieurs catégories de trains circulent chaque jour, avec des niveaux de confort et des politiques de réservation différents. Les billets s’achètent en gare ou via les canaux officiels de la compagnie ferroviaire égyptienne.

Nous ne publions ni horaire, ni durée, ni tarif : ces éléments changent au fil des saisons et des travaux, et une donnée périmée ferait manquer un train. Vérifiez auprès de la compagnie ou de votre hébergement la veille du départ. Le train arrive au centre, ce qui évite un long trajet routier d’entrée d’agglomération.

Combien de jours prévoir

Une journée pleine suffit pour les catacombes, la colonne, le fort et un aperçu de la corniche, à condition d’accepter un rythme soutenu. Deux jours permettent d’y ajouter la Bibliotheca Alexandrina, le musée national et une marche dans le centre ancien, sans enchaîner les taxis. Au-delà de trois jours, la ville se prête surtout à la promenade et aux cafés ; c’est un choix de voyageur, pas une nécessité.

La saison, et la pluie

C’est le point que les visiteurs anticipent le moins. Alexandrie est la ville d’Égypte où il pleut. Son climat méditerranéen lui vaut des précipitations concentrées en hiver, parfois soutenues, avec des épisodes d’inondation dans les rues basses. Un séjour hivernal peut donc être humide et venteux, très loin de l’image d’une Égypte uniformément sèche.

L’été est chaud mais tempéré par la mer, et c’est la haute saison intérieure : les plages et la corniche sont alors très fréquentées par les vacanciers égyptiens. Le printemps et l’automne offrent le meilleur compromis entre température et affluence. Prévoyez un coupe-vent hors saison chaude.

Avant de partir

Les conditions d’entrée en Égypte, la validité du passeport et les démarches de visa se préparent plusieurs semaines à l’avance : les points à contrôler sont réunis sur notre page formalités. Sur les risques et les niveaux de vigilance officiels, consultez notre suivi des risques pays, qui traite ce sujet séparément et avec ses propres sources. Le contexte régional et les repères de fond figurent dans notre dossier de fond.

Dernière remarque de méthode. Beaucoup de pages consacrées à Alexandrie recopient des tarifs anciens, et la fermeture temporaire d’un monument pour travaux y est fréquente. Confirmez chaque ouverture le jour même.

Vérifié le 20 août 2026. Aucun tarif, horaire ni durée de trajet ne figure sur cette page : nous ne publions pas de donnée que nous ne pouvons pas dater. Comment nous travaillons.

La rédaction