Le Sénégal en décembre : température, activités et ce qu’il faut savoir
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Par Awa Diagne
Décembre place le Sénégal au cœur de sa saison sèche. Les pluies de l’hivernage ont cessé depuis plusieurs semaines, l’air s’assèche, et le pays entre dans sa période de plus forte fréquentation touristique.
C’est aussi le mois où les voyageurs sont le plus souvent surpris : non par la chaleur, mais par la fraîcheur des soirées sur la côte et par une lumière parfois voilée de poussière. Voici ce que recouvre concrètement ce mois, du climat réel aux réservations, en passant par ce qu’il faut mettre dans un sac.
Décembre, l’exact opposé de la saison des pluies

Le climat sénégalais s’organise autour de deux saisons nettes. L’hivernage, humide et orageux, occupe grossièrement l’été et le début de l’automne. La saison sèche couvre le reste de l’année. Décembre se situe au milieu de cette seconde phase, une fois la mousson complètement retirée vers le sud.
Concrètement, l’humidité de l’air baisse, les orages disparaissent du paysage quotidien, et le vent dominant change d’origine. L’alizé maritime et l’harmattan continental prennent la main. L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM), service météorologique national, publie des bulletins réguliers qui décrivent cette bascule saisonnière ; c’est la source à consulter pour l’état du moment plutôt que des moyennes générales.
Une précision utile : aucune prévision ne peut être donnée à l’avance pour un séjour. Les éléments ci-dessous décrivent des tendances saisonnières documentées, pas une garantie sur des dates précises.
La côte et l’intérieur ne vivent pas le même mois
Sur le littoral
De Dakar à la Petite-Côte, l’influence de l’océan Atlantique adoucit tout. Les journées restent lumineuses et confortables, sans la lourdeur moite de l’hivernage. Le contraste se joue le soir. Après le coucher du soleil, la température chute nettement et le vent marin accentue la sensation de fraîcheur. Beaucoup de voyageurs arrivent sans rien de couvrant et le regrettent dès la première nuit.
La mer suit le même mouvement. Le courant froid qui longe la côte sénégalaise en saison sèche refroidit l’eau par rapport à l’été. La baignade reste possible, mais l’entrée dans l’eau demande un temps d’adaptation, en particulier tôt le matin.
Dans les terres
Dès que l’on s’éloigne de l’océan, vers Thiès, Kaolack, Tambacounda ou la région du fleuve, l’amplitude entre le jour et la nuit s’élargit. Les après-midi sont plus chauds que sur la côte, les nuits parfois franchement fraîches. C’est le régime continental classique de la zone sahélienne en saison sèche. Un déplacement Dakar-intérieur dans la même journée peut donc réclamer deux tenues différentes.
L’harmattan, l’inconnue du mois
L’harmattan est un vent sec venu du nord-est, qui traverse le Sahara avant d’atteindre le Sénégal. Il transporte des particules de sable et de poussière. Quand il souffle, le ciel se voile d’un blanc laiteux, l’horizon disparaît, et l’air devient très sec. Ces épisodes durent de quelques heures à plusieurs jours et ne se produisent pas tous les ans avec la même intensité.
Deux conséquences pratiques. La qualité de l’air se dégrade pendant ces séquences, ce qui compte pour les personnes asthmatiques ou sensibles des voies respiratoires. Et la photographie de paysage perd beaucoup de contraste, ce qui déçoit ceux qui comptaient sur des couchers de soleil nets. Les épisodes de poussière font l’objet de suivis par les services météorologiques régionaux, dont l’Organisation météorologique mondiale relaie les alertes.
Ce qui surprend le plus
La première surprise est thermique. L’idée d’avoir froid en Afrique de l’Ouest paraît absurde avant le départ. Elle devient très concrète au dîner en terrasse, ou sur un bateau tôt le matin dans les bolongs du Saloum.
La deuxième est la sécheresse de l’air. Peau qui tire, lèvres gercées, gorge irritée : ce sont des désagréments mineurs, mais fréquents, et ils prennent au dépourvu ceux qui associent le pays à une atmosphère humide.
La troisième est la fréquentation. Décembre n’est pas un mois calme. Les sites les plus connus, les hébergements de la Petite-Côte et les excursions organisées tournent à plein.
Les activités à leur meilleur
La saison sèche est la période favorable à l’observation ornithologique. Le parc national des Oiseaux du Djoudj, dans le delta du fleuve Sénégal, et le delta du Saloum accueillent alors des populations d’oiseaux migrateurs venus d’Europe, qui hivernent en Afrique de l’Ouest. Ces deux sites sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO et gérés par la Direction des parcs nationaux, qui encadre les visites et les guides.
Les conditions logistiques aident aussi. Les pistes sèches sont praticables, ce qui n’est pas le cas pendant l’hivernage, où certains axes secondaires deviennent difficiles. Les sorties en pirogue dans les mangroves, les visites de la Casamance et les liaisons vers le Sénégal oriental s’en trouvent facilitées.
Enfin, les moustiques sont globalement moins présents qu’en fin d’hivernage, ce qui rend les soirées en extérieur plus agréables. Cela ne signifie pas que le sujet disparaît, comme expliqué plus bas.
Fêtes de fin d’année : anticiper ou renoncer
La dernière quinzaine de décembre concentre la demande. Vacances scolaires européennes, diaspora sénégalaise qui rentre au pays, Noël et Nouvel An : les vols et les hébergements se remplissent tôt.
Trois effets à intégrer. Les tarifs aériens et hôteliers atteignent leur niveau haut de l’année, sans qu’un chiffre général puisse être avancé, tant l’écart dépend de la destination de départ et de la date d’achat. La disponibilité se restreint, surtout pour les petites structures de la Petite-Côte et de Casamance. Et certains services fonctionnent au ralenti autour des jours fériés, notamment côté administrations.
La conséquence est simple : en décembre, la réservation à l’avance n’est pas un confort, c’est une condition. Arriver sans hébergement confirmé sur cette période expose à des solutions coûteuses ou éloignées de ce qui était prévu.
Santé : la fin d’une période à risque, pas la fin du risque
La transmission du paludisme au Sénégal suit le rythme des pluies. Elle culmine pendant et juste après l’hivernage, puis décline en saison sèche. Décembre se situe sur cette pente descendante, dans la queue de la période de transmission.
Décliner ne veut pas dire disparaître. Le risque reste présent, de façon inégale selon les régions, avec un gradient marqué entre le nord du pays et le sud-est. Le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) publie ces données régionales, et l’Organisation mondiale de la santé maintient le Sénégal parmi les pays où le paludisme circule.
La conduite à tenir — protection contre les piqûres, éventuel traitement préventif — se décide avec un médecin avant le départ, en fonction de l’itinéraire et du profil de chacun, jamais sur la base d’une saison.
Le reste du volet sanitaire ne change pas avec le mois : vaccinations à jour, précautions alimentaires, assurance couvrant le rapatriement. Vous trouverez le détail dans nos pages vaccins et risques et sécurité.
Ce qu’il faut emporter
- Une veste légère, un pull fin ou une chemise à manches longues, pour les soirées et les nuits, sur la côte comme à l’intérieur.
- Des vêtements de jour légers et couvrants, plus confortables sous un soleil sec.
- Une protection solaire et des lunettes : la lumière est vive, y compris par temps voilé.
- Un baume à lèvres et une crème hydratante, contre la sécheresse de l’air.
- Un foulard ou un buff, utile en cas d’épisode de poussière et lors des trajets en véhicule ouvert.
- Un répulsif antimoustique adapté, à utiliser le soir malgré la saison.
- Des chaussures fermées pour les pistes et les sorties en brousse.
En résumé
Décembre offre des conditions stables, un ciel généralement dégagé, des routes praticables et une nature favorable à l’observation. Il demande en contrepartie d’accepter la foule, des prix élevés et une organisation anticipée. Et il réclame de prévoir de quoi se couvrir, ce qui reste le conseil le plus souvent négligé pour ce mois.
Vérifié le 20 août 2026. Nos sources et notre méthode sont détaillées dans comment nous travaillons. Pour replacer ce mois dans le cycle annuel, consultez notre rubrique comprendre.
La rédaction

Elle suit depuis huit ans les questions de sécurité et de santé du voyage en Afrique de l'Ouest et de l'Est. Elle lit les avis officiels dans le texte plutôt que les résumés qu'on en fait, date chaque vérification, et préfère écrire « on ne sait pas » plutôt qu'un chiffre invérifiable. Elle n'est pas médecin et ne donne jamais de conseil médical.
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