Le Sénégal en août : température, activités et ce qu’il faut savoir
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Par Awa Diagne
Août est le mois le plus arrosé de l’année au Sénégal. C’est le cœur de l’hivernage, la saison des pluies, et c’est aussi la période où la transmission du paludisme atteint son niveau le plus élevé. Le pays est vert, les prix sont bas, la fréquentation touristique est au plus faible : voyager en août est possible, mais cela demande de savoir à quoi s’attendre.
Ce qu’est vraiment le mois d’août au Sénégal

La plupart des pages consacrées au Sénégal en août mettent en avant le soleil et la plage. Ce n’est pas faux, mais c’est incomplet. Août appartient à la saison humide, appelée localement hivernage, qui s’étend approximativement de juin à octobre selon les régions et selon les années. Les services météorologiques nationaux, réunis au sein de l’ANACIM (Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie), décrivent août comme le mois central de cette saison.
Concrètement, cela signifie trois choses. La chaleur s’accompagne d’une humidité forte, ce qui change la sensation d’effort. Les précipitations sont concentrées sur quelques épisodes intenses plutôt qu’étalées sur la journée. Et les moustiques, vecteurs du paludisme, sont à leur densité maximale.
Climat : chaleur humide, averses courtes, fortes différences régionales
Le régime de pluie en août n’est pas celui d’un climat tempéré. Il ne s’agit généralement pas d’une pluie fine et continue sur plusieurs jours, mais d’orages et d’averses de forte intensité, souvent en fin d’après-midi ou dans la nuit, suivis d’éclaircies.
Une journée d’août peut comporter plusieurs heures de ciel dégagé. Le problème n’est donc pas la durée de la pluie, mais son intensité : ruissellement rapide, inondations urbaines temporaires, routes coupées quelques heures.
Les températures restent élevées, mais l’écart entre le jour et la nuit se resserre par rapport à la saison sèche. C’est l’humidité, davantage que le thermomètre, qui pèse. La transpiration s’évapore moins bien, la déshydratation vient plus vite, et la fatigue arrive plus tôt qu’un chiffre de température ne le laisse supposer.
Les autorités sanitaires rappellent que l’exposition à la chaleur humide concerne d’abord les personnes âgées, les nourrissons, les femmes enceintes et les personnes atteintes de maladies chroniques.
Les différences régionales sont importantes et souvent sous-estimées.
- Dakar et la Petite Côte (Saly, Somone, Mbour) : la façade atlantique est ventilée. Les pluies existent mais restent plus limitées que dans le sud. Le principal désagrément est l’engorgement ponctuel de certains quartiers et axes après un orage.
- La Casamance (Ziguinchor, Cap Skirring) : c’est la région la plus arrosée du pays. Les cumuls y sont nettement supérieurs à ceux du nord, et le paysage est à son maximum de végétation. C’est aussi là que les pistes secondaires posent le plus de problèmes.
- Le nord et l’est (Saint-Louis, vallée du fleuve, Matam) : ces régions relèvent d’un climat plus sec. Août y apporte des pluies réelles mais nettement moins abondantes que dans le sud. Le contraste nord-sud est l’une des caractéristiques structurantes du climat sénégalais.
Cette gradation du nord vers le sud est constante d’une année sur l’autre, même si les cumuls varient. Vérifiez les prévisions de l’ANACIM à l’approche du départ plutôt que de vous fier à une moyenne annuelle.
Santé : août est le pic de transmission du paludisme
C’est le point le plus important de cette page. Le Sénégal est un pays où le paludisme est endémique, et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) décrit une transmission saisonnière, corrélée à la saison des pluies.
Les eaux stagnantes laissées par les averses constituent des gîtes de reproduction pour les moustiques du genre Anopheles, qui piquent principalement entre le coucher et le lever du soleil. La conséquence est directe : la période allant de l’hivernage au début de la saison sèche concentre l’essentiel des cas de l’année.
Le risque n’est pas uniforme sur le territoire. Il est plus élevé dans le sud et le sud-est du pays, notamment dans les régions de Kédougou et de Tambacounda, et plus faible dans le nord et dans l’agglomération de Dakar. Un séjour en Casamance en août ne se prépare pas comme un week-end à Dakar.
Deux mesures se complètent et aucune ne remplace l’autre.
La protection contre les piqûres. L’OMS et les programmes nationaux la placent au premier rang : moustiquaire imprégnée d’insecticide pour dormir, répulsif cutané adapté aux zones tropicales appliqué le soir sur les parties découvertes, vêtements couvrants à manches longues après la tombée du jour, climatisation ou ventilateur qui gênent le vol des moustiques. Ces gestes protègent du paludisme, dont le vecteur pique la nuit. Pour la dengue, également présente dans la région, le moustique vecteur (Aedes) pique au contraire le jour, surtout en début de matinée et en fin d’après-midi : le répulsif et les vêtements couvrants valent donc aussi en journée, et la moustiquaire de lit ne suffit pas.
Le traitement préventif médicamenteux. Un traitement préventif est, dans la plupart des situations de séjour en zone de transmission — et particulièrement pendant l’hivernage —, préconisé par les recommandations en vigueur ; sa pertinence pour votre cas, comme le choix du produit, relèvent du médecin. Le choix du produit, la posologie et la durée dépendent de votre destination précise, de la durée du séjour, de votre âge, d’une éventuelle grossesse, de vos antécédents et de vos autres traitements.
Cette prescription relève d’un médecin ou d’un centre de vaccinations internationales, à consulter idéalement plusieurs semaines avant le départ. Aucune information générale, y compris celle-ci, ne peut se substituer à cet avis.
Enfin, une règle vaut pour tous : toute fièvre survenant pendant le séjour ou dans les mois qui suivent le retour est une urgence : consultez le jour même — ou appelez le 15 en France — en signalant le voyage au Sénégal, même sous traitement préventif. N’attendez pas de voir si ça passe. Le paludisme peut se déclarer après le retour.
Pour le détail des vaccins et de la préparation médicale d’un séjour au Sénégal, consultez notre page vaccins et prévention.
Ce qui reste possible, ce qui devient compliqué
Reste possible. La baignade sur la Petite Côte et à Dakar se pratique toute l’année ; l’eau est chaude en août. Les excursions au départ de Saly, Dakar, l’île de Gorée, le lac Rose ou Saint-Louis fonctionnent normalement, avec un aléa pluie. Le delta du Saloum reste accessible par voie d’eau : les bolongs sont navigables et l’observation des oiseaux y est intéressante, même si certaines espèces migratrices sont plutôt hivernales.
Devient compliqué. Les pistes latéritiques non revêtues se dégradent rapidement après un orage, notamment en Casamance et dans l’arrière-pays. Un itinéraire prévu en véhicule de tourisme peut demander un quatre-quatre, un chauffeur local ou tout simplement un report.
Certains parcs et réserves réduisent leur activité ou ferment une partie de leurs pistes pendant l’hivernage : vérifiez auprès de l’établissement avant de vous déplacer. Sur le littoral, les courants et les baïnes réclament de la prudence ; nagez sur les plages surveillées et renseignez-vous localement. Notre page sécurité et risques détaille ces points.
Budget et fréquentation
Août est une basse saison touristique au Sénégal. Les tarifs d’hébergement sont généralement plus bas qu’en saison sèche, les disponibilités meilleures, et les sites nettement moins fréquentés. En contrepartie, certains hôtels, restaurants ou prestataires de la Petite Côte et de Casamance ferment ou réduisent leurs horaires pendant l’hivernage. Confirmez l’ouverture avant de réserver un déplacement construit autour d’un établissement précis.
Le prix des billets d’avion, lui, dépend surtout des congés européens et ne suit pas nécessairement cette baisse.
Ce qu’il faut emporter
- Une moustiquaire imprégnée si votre hébergement n’en fournit pas, et un répulsif adapté aux zones tropicales.
- Votre traitement préventif prescrit, en quantité suffisante pour la période post-retour indiquée par le médecin.
- Des vêtements légers, amples, à manches longues pour le soir, et de quoi sécher vite.
- Une protection pluie qui respire, plutôt qu’un imperméable étanche inconfortable par forte humidité.
- Des chaussures fermées à semelle adhérente pour les sols boueux, et des sandales pour la ville.
- Un sac ou des pochettes étanches pour les documents et l’électronique.
- Solution hydroalcoolique, sels de réhydratation, et de quoi traiter une petite plaie, qui cicatrise plus lentement en climat humide.
- Votre carnet de vaccination international et le contact de votre assurance santé.
Sources
- ANACIM, Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie du Sénégal — bulletins et prévisions saisonnières, consultés le 20 août 2026.
- Organisation mondiale de la santé — documentation sur le paludisme, sa transmission saisonnière et la prévention chez le voyageur, consultée le 20 août 2026.
- Programme national de lutte contre le paludisme (Sénégal) — répartition régionale de la transmission, consulté le 20 août 2026.
Vérifié le 20 août 2026. Les conditions climatiques et sanitaires évoluent : confirmez les informations auprès des sources officielles avant votre départ. Notre méthode est décrite sur la page comment nous travaillons.
Pour situer août dans l’année et comparer avec les autres mois, voir notre rubrique comprendre le Sénégal.
La rédaction

Elle suit depuis huit ans les questions de sécurité et de santé du voyage en Afrique de l'Ouest et de l'Est. Elle lit les avis officiels dans le texte plutôt que les résumés qu'on en fait, date chaque vérification, et préfère écrire « on ne sait pas » plutôt qu'un chiffre invérifiable. Elle n'est pas médecin et ne donne jamais de conseil médical.
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